Bonjour à tous,

2020 est une année bien difficile à tout point de vue, à commencer par la pandémie, puis les catastrophes naturelles, le terrorisme…

Je souhaite que vous ayez été épargnés par tous ces évènements douloureux et que ce message vous trouve en bonne santé.

Nous voici au début d’un second confinement et nous n’avons toujours pas pu rouvrir nos permanences, tout comme nous n’avons pas pu participer aux différents salons, annulés pour la plupart. Nous n’avons donc guère eu la possibilité de nous rencontrer et nos nombreux projets n’ont pu aboutir. Si la santé, l’éducation, la culture, l’économie … sont impactés, le monde associatif ne l’est pas moins et l’AGHA tout autant.

Seule une solidarité accrue peut nous faire rebondir et nous comptons sur tous. Merci à tous ceux qui nous ont déjà fait parvenir leur cotisation 2021 et nous renouvellent ainsi confiance et soutien. Il reste encore du temps pour les autres, mais pensez-y !

Malgré ces confinements répétés et le peu d’activités, le CA se félicite de satisfaire les chercheurs en publiant toutes ses données sur le site mais son travail ne se limite pas à ceci et la convivialité fait un peu défaut. Elle se traduit heureusement avec vous qui continuez à nous envoyer relevés, à nous signaler les erreurs ou à nous envoyer des questions toujours accompagnées d’un petit mot gentil. Nous y sommes très sensibles et nous vous en remercions. Nous ne pouvons plus nous déplacer au local et ne pouvons répondre qu’avec quelques difficultés à certaines questions puisque les documents se trouvent dans ce même local. Nous le regrettons et espérons votre compréhension. Nous essaierons de faire de notre mieux pour vous satisfaire.

Tout est à nouveau perturbé. Les cours de paléographie niveau renforcé venaient de reprendre et sont, de fait, suspendus ; tout comme ceux du niveau 1 avec Mr Moné prévus le 28 novembre. L’initiation à la généalogie avec l’UTL de Veynes ne pourra avoir lieu. Elle devait commencer ce mardi 3 novembre. Espérons que ce sera différent avec celle prévue à Laragne au cours du 1er semestre 2021.

Nous ne savons pas encore comment l’AG de fin janvier se déroulera. Nous vous en informerons en temps voulu. Comme chaque année 5 membres seront renouvelables, or beaucoup d’entre eux ne se représenteront pas pour diverses raisons personnelles et nous aurons un fort besoin de candidatures (4 voire 5). Nous comptons sur vous pour faire perdurer cette belle association, créée en 1984 et forte actuellement d’environ 280 membres.
Donnez-lui cette chance et manifestez-vous sur correspondance@agha.fr

Parmi ces membres renouvelables, votre présidente, moi-même, ne pourra se représenter en raison d’un déménagement imminent, hors du département des Hautes-Alpes. Je tiens à vous le dire maintenant car certains le liront dans le prochain Provence Généalogie. C’est la moindre des choses que de vous en informer tous en même temps avant cette parution. Nous partons, mon mari et moi, pour nous rapprocher des nôtres.

La cotisation 2021 reste inchangée, soit 20 € ou 43 avec Provence Généalogie. Pour payer par CB, on enverra un RIB sur demande.
correspondance@agha.fr

Je tiens aussi à vous remercier, dès à présent, pour la confiance que vous m’avez consentie et tout ce que vous m’avez apporté chacun à votre manière. Ce fut un réel plaisir.
Je reste à votre disposition et bien sûr à la disposition de l’AGHA jusqu’à l’AG de fin janvier avec grand plaisir. J’espère vivement pouvoir trouver d’ici là un(e) remplaçant(e) et lui assurerai mon aide encore un mois ou deux après son élection s’il (si elle) le désire. Je partirais ainsi rassurée et heureuse.

Le plus important aujourd’hui est que vous preniez bien soin de vous. À très bientôt.

[/Régine/]


Justin Favrod, Les Burgondes. Un royaume oublié au cœur de l’Europe
Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes (« Le savoir suisse » 4), 2002, 144p., 12x18cm ISBN 2-88074-596-9
https://journals.openedition.org/crm/265
© Justin Favrod

Justin FAVROD est un historien et journaliste suisse. Il a publié en 1997 un premier ouvrage sur le royaume burgonde qui est cité dans la bibliographie sommaire et utilisé dans le corps du texte de « LES BURGONDES, nos ancêtres » publié par Louis GONDRE dans le Bulletin de la Société d’Études des Hautes-Alpes en 1998. Au travers des tribulations des Burgondes, les titres des deux ouvrages mettent en évidence un objectif différent : la disparition et l’émergence des royaumes dans l’ouest de l’Europe pour l’un, la meilleure connaissance de nos origines pour l’autre.

Justin FAVROD s’attache à toujours situer son récit d’abord dans la famille royale burgonde en détaillant les us et coutumes burgondes, mais aussi dans la région où habite le peuple burgonde en décrivant ses liens avec les autres habitants, et enfin dans ses relations avec les autres peuples et/ou royaumes barbares comme les Francs de Clovis, les Huns d’Attila, les Alamans, les Ostrogoths, les Vandales ou les Wisigoths.

Avec Justin FAVROD, partons sur les traces des Burgondes qui vont réussir à traverser les siècles. Ils viendraient de l’île de Bornholm, terre aujourd’hui danoise dans la Baltique. Au Ier siècle, Pline l’Ancien les situe sur l’Oder, au IIe s. Ptolémée entre l’Oder et la Vistule. Ils commencent alors une longue migration vers le sud-ouest avec victoires, défaites, massacres… Au IVe s., Gibica est le premier représentant connu de leur famille royale et vers 409 ils entrent, pour ne plus en sortir, dans l’Empire romain. Ils s’installent, de 411 à 443, vers Worms et leur royaume éphémère a inspiré la légende des Nibelungen et plus tard Richard Wagner pour L’Anneau du Nibelung.

Le Royaume burgonde au Ve siècle
Par G CHP — « œuvre personnelle », CC BY-SA 3.0,
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5403847
© G CHP

En 443, les Burgondes s’installent durablement dans l’Empire et depuis les rives du Léman, où ils furent placés comme verrou pour la sécurité d’une région de l’Empire, vont se tailler un royaume qui englobera les bassins du Rhône et de ses affluents. Toujours en combattant en permanence d’autres envahisseurs mais, aussi et surtout, en coexistant avec les indigènes gallo-romains. C’est sans doute là que les informations sur la religion, les lois, les classes sociales, les mariages, les impôts, les jeux d’alliance, les tribulations des peuples voisins… sont précieuses pour comprendre comment les Burgondes – de 20 à 30 000 individus – ont pu s’installer pendant environ un siècle. Gondichaire puis Gondioc et Hilpéric succèdent à Gibica et, en 457, le royaume burgonde s’étend jusqu’à Grenoble, Lyon, Châlon-sur-Saône et Autun ainsi qu’en Savoie.

Entre 475 et 516, leurs successeurs furent deux frères : Gondebaud basé à Lyon qui en 500 élimina par le fer Godégisel basé à Genève. La période 500-516, sous Gondebaud, marquera l’épanouissement de la Burgondie dont le territoire s’étendait alors de Langres à la rive droite de la Durance et de Nevers à Martigny et Windisch (Suisse). De plus, burgondes et gaulois se sentaient alors dotés d’un destin commun avec un même roi dans le royaume burgonde. Ce fut l’époque de l’entrée en scène des Francs de Clovis qui épousa Clotilde, nièce de Gondebaud, en assurant ainsi plus de 20 ans de paix entre les deux peuples. Sigismond, fils de Gondebaud, lui succéda en 516 et, durant son bref règne, ses maladresses mirent en évidence l’habileté de son père. Des règlements de compte familiaux mêlant les Burgondes et les Francs aboutirent à l’assassinat de Sigismond en 523 puis à la disparition de Godomar, son frère et successeur, en 534. Le royaume vaincu fut dépecé pour toujours même si Charles le Téméraire, duc de Bourgogne au XVe s., s’estimait l’héritier naturel du royaume burgonde.

Louis GONDRE écrit « les Burgondes qui ont habité nos terres haut-alpines nous ont légué leurs valeurs, le sens de la solidarité, la force de caractère et la rigueur morale ». Pour Justin FAVROD, dans le basculement général de l’Antiquité au Moyen Âge, « la naissance et le développement d’un nouveau peuple né de l’assimilation de deux ethnies différentes se révèlent passionnants à étudier. Ils invitent à s’interroger à partir d’un cas particulier sur la signification et la construction des identités nationale ou régionale ».

[/Jean-Paul MÉTAILLER/]

Blason de Vézeronce
Par Travail personnel. Le code de ce fichier SVG est valide.
Cette image vectorielle a été créée avec Inkscape par Aups., CC BY-SA 3.0,
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7512109
© Aups.

Justin FAVROD nous apprend qu’en 524, Godomar allait affronter Clodomir, fils de Clovis et de Clotilde, dans la plaine de Vézeronce, au nord de Vienne (Isère). En 1871, une tombe princière de l’époque burgonde y fut découverte permettant de localiser le champ de bataille. Le mort portait sur la tête un casque fort luxueux fabriqué dans l’Empire d’Orient.

Casque de Vézeronce
Par Cangadoba — Travail personnel, CC BY-SA 4.0,
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=57495488
© Cangadoba

Aujourd’hui exposé au musée de l’Ancien Évêché de Grenoble, c’est un témoignage exceptionnel d’autant que les guerriers germaniques partaient généralement nu-tête au combat. L’identité du noble burgonde reste inconnue. Clodomir fut tué pendant le combat, décapité et sa tête sanglante, piquée sur une fourche, fut présentée aux guerriers francs qui, aussitôt, déposèrent les armes. Pour certains, il s’agirait du casque de Clodomir… Finalement, peu importe, c’est un extraordinaire souvenir de l’époque.


Références :

Illustrations :


Les Archives départementales des Hautes-Alpes ont complété la mise en ligne des recensements de population, en rajoutant ceux de 1921 à 1936.

Ce sont 13862 images supplémentaires qui viennent s’ajouter aux 43712 images déjà en ligne (recensements de 1817 à 1911).